LE COVID 19 EN ESPAGNE ET EN AMERIQUE LATINE

Chers amis, vous suivez sans doute avec inquiétude la progression de la pandémie dans notre pays, mais nous voudrions vous donner quelques informations sur l’Espagne et l’Amérique latine, touchées aussi par le virus.

En Espagne, où l’on s’approche des 40.000 victimes, la lutte contre le virus se double d’une lutte politique acharnée. Le Parti Populaire (droite) et Vox (extrême droite), qui ont formé des coalitions pour gouverner certaines villes ou certaines régions veulent absolument rendre le gouvernement d’union PSOE (parti socialiste) et Podemos (extrême gauche) responsable de tout. La gestion de l’épidémie est rendue difficile par la décentralisation. Chaque région n’en faisant qu’à sa tête. L’ex président catalan Torra allant jusqu’à prétendre que si la Catalogne avait été indépendante, il n’y aurait pas eu de morts. Les voix qui se font entendre en France contre le centralisme et qui louent, avec raison, le modèle allemand décentralisé des länder, devraient jeter un coup d’œil sur l’Espagne où un système semblable donne des résultats catastrophiques. Le cas le plus emblématique est la Communauté de Madrid, gouvernée par le PP qui refuse d’appliquer les mesures sanitaires ou qui change de critère dans un sens ou dans l’autre, de manière incohérente. Les bars et discothèques fonctionnent jusqu’à 22h et sont peu nombreux à respecter la jauge et les mesures sanitaires. La Communauté de Madrid n’hésite pas à mentir sur les chiffres, à les transmettre au compte-gouttes, avec parfois un retard d’un mois. On a l’impression que les dirigeants du PP s’inspirent de la stratégie de Donald Trump. En diminuant le nombre de tests, on diminue le nombre de cas. Ajoutons que la privatisation des hôpitaux madrilènes, projet phare du précédent gouvernement du PP et source d’une énorme corruption, a considérablement affaibli le système sanitaire régional.

En Amérique latine, malgré un confinement plus ou moins strict selon les pays, les morts sont nombreux car des systèmes sanitaires sous dimensionnés ne peuvent faire face à une catastrophe de cette ampleur. D’autre part, l’économie « informelle » qui, selon les pays, peut fournir de 30 à 60% des emplois du type vendeur ambulant, a subi une perte de 34 millions d’emplois depuis le début de la pandémie.

Le pays le plus touché est le Brésil avec plus de 165.000 morts officiels, mais le nombre de victimes est probablement supérieur. Son président se fiche éperdument des effets de la pandémie. Nous allons tous mourir un jour, vient-il de déclarer, alors arrêtons de pleurnicher comme des pédés (sic).

Vient ensuite le Mexique, qui a dépassé les 100.000 morts. Le taux de mortalité très élevé à Mexico est dû aux nombreux problèmes de santé, diabète, obésité, hypertension, qui touchent la population de la capitale et dont la prépondérance est parmi les plus élevées au monde.

L’Argentine, la Colombie et le Pérou, enregistrent chacun plus de 35.000 morts. Dans ce dernier pays, on avait pu voir au plus fort de la première vague, des malades traités dans leur voiture avec des bouteilles d’oxygène d’origine industrielle. La Bolivie et le Paraguay sont durement touchés aussi.

En Equateur la région de Guayaquil a donné un bien triste spectacle au début de la première vague, en raison de l’absence de réaction des autorités politiques et sanitaires, les morts attendant plusieurs jours dans les rues avant d’être enlevés. Là encore le nombre de victimes (13.000) semble sous-évalué.

Au Chili, l’héritage des privatisations du temps de Pinochet se fait toujours sentir. Le virus affecte davantage les pauvres et la classe moyenne que les riches qui seuls disposent d’un système de santé privé à la hauteur.

Au Venezuela, où les hôpitaux manquaient déjà de tout avant l’épidémie, le nombre de victimes avancé par le gouvernement Maduro est peu crédible. Une vaccination massive avec le vaccin russe est programmée pour le mois de décembre.

En Amérique centrale, l’ouragan qui a dévasté la région ces derniers jours ajoute du malheur, des destructions et des morts à des pays déjà durement touchés par l’épidémie. Les statistiques du Nicaragua ne sont pas crédibles, le dictateur Ortega et sa femme évangéliste étant dans le déni. Ortega a déclaré récemment que le covid était un signe de Dieu

Les pays qui ont réussi à contenir l’épidémie sont l’Uruguay, le Costa Rica et Cuba qui disposent d’un système de santé de qualité. En Uruguay et au Costa Rica, le consensus entre le gouvernement et l’opposition, fruit d’une longue tradition démocratique, a permis d’appliquer très vite les mesures sanitaires efficaces. Cuba, enfin, a appliqué des mesures de quarantaine strictes et a fermé ses frontières aux touristes pendant sept mois, malgré l’impact de cette fermeture sur l’économie.