Présentation Cinemovida

La CINEMOVIDA : regard sur le cinéma espagnol et latino-américain, un festival tout public et militant !

Lancée il y a 29 ans pour faire découvrir au public du Nord Cotentin toute la richesse et la diversité du cinéma en langue espagnole, la CINEMOVIDA fait désormais partie intégrante du paysage culturel du Nord Cotentin réaffirmant sa passion pour les cultures hispaniques et sa volonté de les faire connaître à travers un programme éclectique, riche et varié, fidèle en cela à sa vocation pluriculturelle.

La 29ème édition de la CINEMOVIDA organisée par l’association MANCHA, Mouvement d’Amitié Normand pour la Culture Hispano Américaine, se tiendra du 18 janvier au 16 février 2019.

Pendant ces quatre semaines, Cherbourg-en-Cotentin, vivra au rythme des expositions, des concerts, des conférences, des dégustations et des rencontres.

L’autre vocation de la CINEMOVIDA, c’est d’être résolument tout public : pendant quatre semaines en partenariat avec le CGR Odéon, les petits et les grands de Cherbourg-en-Cotentin pourront faire leur choix à travers une large sélection : films, avant-premières, films inédits ou œuvres du patrimoine, fictions, documentaires, drames, comédies, films d’animation…

En 29 ans d’existence, le festival n’a pas changé ses objectifs:

– contribuer à la diffusion, à la promotion et au rayonnement du cinéma espagnol et latino-américain, ouvrir des espaces d’échanges et d’informations sur les cultures hispaniques, l’Histoire et les histoires de ces pays, leurs réalités et les enjeux actuels… Car depuis ses débuts, le festival se veut d’abord militant, comme le prouvent les thématiques abordées et les spécialistes invités.

Le 29ème Festival sera placé sous le double signe de l’Hispanité et des traditions amérindiennes.

Une invitation au voyage !

 Si je vous dis Estrémadure, je ne suis pas sûr que vous sachiez localiser cette région espagnole. Elle se situe à environ 3h30 de voiture au Sud-Ouest de Madrid.

L’endroit n’est pas très connu, les touristes se rendant davantage en Andalousie ou à Madrid.

Mais cela vaut vraiment la peine de s’y arrêter !

Papilles et pupilles.

Pour preuve voici de bonnes raisons qui j’espère vous donneront l’envie de vous y rendre :

  • On peut y déguster d’incroyables jambons ibériques, y boire d’excellents vins, y déguster les meilleures cerises du monde et tester le gaspacho aux cerises. Et que dire de la Torta del Casar- l’un des fromages les plus célèbres- et du salmorejo dont vous vous délecterez certainement
  • Parce que Caceres est une très belle ville, inscrite au Patrimoine de l’Humanité depuis 1986
  • Vous pourrez visiter les ruines romaines de Mérida, opulente cité romaine qui a su conserver un richissime patrimoine archéologique.

Au nord-est de l’Espagne, la Catalogne est connue pour ses stations balnéaires animées sur la Costa Brava. Communauté Autonome et région historique, régie par un statut d’autonomie, depuis le 19 juin 2006 elle est définie comme « réalité nationale ». Le Parlement de Catalogne, majoritairement indépendantiste, a proclamé le 27 octobre 2017 la République catalane. Pourquoi la Catalogne a-t-elle engagé un processus qui devrait la mener à l’indépendance ?

Un Etat indépendant serait-il viable ?

Nous essaierons d’expliquer les enjeux de cette crise.

 

Le CHILI nous a séduits par la richesse de son environnement.

La variété des paysages, le patrimoine architectural, les Andes, la densité de la faune. Magnifique et lointain, le Chili possède la forme de pays la plus extravagante au monde. Imaginez une bande de terre étroite et longue de 4300 km.

Que d’extrêmes et de diversités dans ces paysages! Étrange et fascinant pays adossé à la Cordillère des Andes. Du désert d’Atacama, au nord du Chili, jusqu’à la barrière des Andes en passant par les vignobles de la plaine centrale au climat méditerranéen, que de kilomètres vous attendent. Le Chili a une géographie folle, mais cette démesure reste humaine malgré tout.

Il ne faut pas oublier l’Île de Pâques, annexée par le Chili en 1888, petit point perdu dans le Pacifique. A 4h d’avion de Santiago, c’est l’île habitée la plus isolée du monde où d’étranges et fabuleux colosses de pierre regardent le ciel étoilé sans jamais révéler vraiment leur mystère.

Enfin les Mapuches (littéralement « Peuple de la terre ») ensemble de communautés aborigènes de la zone centre-sud du Chili et de l’Argentine, connues également sous le nom d’Araucans

Au sens strict, le terme Mapuches désigne les Indiens habitant l’Araucanie ou Arauco.

Selon le dernier recensement officiel, les Mapuches représentent 4 % de la population chilienne (87,3 % du total des autochtones vivant au Chili), soit un peu plus de 600 000 personnes.  Il est dit des Mapuches qu’ils sont le seul peuple des Amériques à n’avoir jamais plié devant les conquistadors. Les militaires chiliens n’en viendront à bout qu’au dix-neuvième siècle, puis les relégueront dans des réserves. Ils reprennent aujourd’hui la lutte.

Les bénévoles et nos partenaires sont un soutien indispensable. Leur mobilisation, leur enthousiasme et leur énergie permettent au Festival de garder son esprit, convivial.

Il n’est pas nécessaire de parler espagnol, seules la motivation et la disponibilité sont déterminants pour rejoindre l’équipe.

Le cinéma espagnol vous passionne et vous souhaitez vivre le Festival de l’intérieur ?

Rejoignez-nous !

Jean-Marie CIAMPORCIERO

Président de MANCHA

 

Venez donc nous rejoindre et adhérez à l’association MANCHA.

     Vous participerez ainsi activement à ce mouvement d’amitié pour les cultures hispaniques et vous enrichirez notre association en apportant vos idées et votre soutien.

Le Président : Jean-Marie CIAMPORCIERO

MANCHA Association loi de 1901

SIRET : 334 665 692 00029 – Agrément Jeunesse et Sports N° J-50-23-1996

Siège social : 15, rue de l’Alma 50100 Cherbourg-Octeville

Président : Jean-Marie CIAMPORCIERO

Trésorier : Noël BUGHIN

 Secrétaire : Chantal TEXIER

Chargé de Communication : Gilles GROULT

associationlamancha.fr

www.facebook.com/manchacherbourg

Edito Cinemovida

 

EDITO

Rendez-vous incontournables, les mois de janvier et février 2019 se réchaufferont aux accents hispaniques sur le territoire de la nouvelle communauté urbaine de Cherbourg-en-Cotentin et des communes adhérentes à notre projet.

Notre association, ses partenaires et ses bénévoles se sont investis pour que cette édition réponde à vos attentes par des manifestations culturelles, des rencontres, des expositions, des concerts et des actions éducatives.

La programmation, que nous souhaitons révélatrice des différents courants des cultures hispaniques est, cette année encore, un mélange de grands noms et des talents à découvrir en avant-première dans les différents lieux du festival.

Le festival et les scolaires : l’action en direction des scolaires fait profondément partie de l’ADN de l’association MANCHA. Celle-ci a toujours été soucieuse de leur transmettre la culture hispanique à travers son festival CINEMOVIDA.

Les propositions, pendant toute la durée du festival, sont nombreuses et concernent tous les niveaux, depuis les élèves des écoles primaires jusqu’aux étudiants du site universitaire, en passant par ceux des collèges et des lycées.

Des séances de cinéma et des animations leur sont spécifiquement réservées et répondent aux demandes particulières des enseignants.

On demandera cette année aux lycéens de jouer un rôle plus actif pendant le festival en les impliquant dans des actions pédagogiques de communication, organisées par le Rectorat de Caen à destination de l’ensemble des lycées de la Manche, du Calvados et de l’Orne, en partenariat avec le Café des Images. Cette action porte le nom de Cinecritica et consiste en un concours de critiques de films en langue espagnole.  Son objectif est d’engager les élèves dans un travail de réflexion sur le cinéma en mobilisant leurs compétences culturelles et linguistiques. A l’issue de la projection des films programmés dans les salles partenaires de ces trois départements, les élèves rédigent des articles critiques dont une sélection est examinée par un jury académique.

Une remise de prix est organisée dans chaque département et donne lieu à la projection d’un film hispanique.

Nous sommes fiers de l’appui pérenne des institutions, de nos mécènes et de nos sponsors et nous les remercions chaleureusement.

Grâce à eux, nous continuons à servir ce cinéma, qui par-delà le rôle essentiel qu’il joue depuis toujours dans la construction de l’identité hispanique, « parle » à l’imaginaire de tous les cinéphiles, quelle que soit leur origine.

Je voudrais remercier Frédéric Mouchel, Directeur du CGR Odéon, qui accueille notre festival et mon équipe de bénévoles si dévouée et si engagée, guidée par la volonté de faire partager depuis plus de 30 ans notre passion pour la diffusion des cultures hispaniques.

Venez avec vos proches vivre ces quatre semaines mémorables et partager ces moments d’échange et de convivialité, votre bonheur sera notre réussite.

Merci à toutes et à tous et bon festival !

Jean-Marie CIAMPORCIERO

Président de MANCHA

La Catalogne

La Catalogne

La Catalogne (en catalan : Catalunya, en occitan : Catalonha, en espagnol : Cataluña) est une communauté autonome et une région historique d’Espagne, régie par un statut d’autonomie. Depuis le 19 juin 2006, elle est définie comme « réalité nationale » par son statut d’autonomie de 2006. Le préambule de cette loi, qui n’a pas de valeur juridique, déclare que le parlement catalan définit la Catalogne comme nation.  Le Parlement de Catalogne, majoritairement indépendantiste a proclamé le 27 octobre 2017 la République catalane, obligeant l’Espagne à suspendre provisoirement tous les pouvoirs de la Généralité de Catalogne.

Elle est située dans le nord-est de la péninsule Ibérique en Europe du Sud et, selon les définitions, de l’Ouest. Sa capitale et métropole est la ville de Barcelone. Elle est entourée par la Communauté valencienne au sud, l’Aragon à l’ouest, la France au nord, l’Andorre au nord-ouest, et la mer Méditerranée à l’est. Elle couvre une superficie de 31 950 km2 (6 % de la superficie de l’Espagne). Ses langues officielles sont le catalan, l’occitan (dialecte aranais en val d’Aran) et l’espagnol ou castillan. En 2015, elle comptait 7 508 106 habitants (17 % de la population espagnole), ce qui en faisait la deuxième communauté d’Espagne après l’Andalousie et la dixième subdivision territoriale de premier niveau administratif d’Europe en termes de population. Elle est également la plus peuplée parmi les Pays catalans, ensemble culturel et linguistique qui la lie à la Communauté valencienne, aux îles Baléares et à l’essentiel du département français des Pyrénées-Orientales.

Administrativement, la communauté autonome de Catalogne actuelle est divisée en 42 comarques, regroupées en quatre provinces : Barcelone (Barcelona), Gérone (Girona), Lérida (Lleida) et Tarragone (Tarragona). Les agglomérations les plus importantes sont celles de Barcelone, par ailleurs deuxième aire urbaine d’Espagne en talonnant de peu Madrid, et de Tarragone.

La Catalogne est née en tant que réalité nationale par la réunion politique de plusieurs comtés de l’ancienne marche d’Espagne carolingienne entre le ixe siècle et le xiie siècle sous l’autorité de la maison de Barcelone. La principauté de Catalogne ainsi constituée devient progressivement un État à la fin du Moyen Âge, avec ses institutions comme les Corts, son droit hérité du droit romainwisigothique et féodal et compilé dans les Usatges, ou encore sa langue, le catalan, qui se constitue en langue administrative, juridique et littéraire à partir du xiie siècle. Par le système politique de monarchie pactiste, la Catalogne conserve ses spécificités et privilèges institutionnels, coutumiers et juridictionnels, appelés constitutions et autres droits, au sein de la couronne d’Aragon puis du royaume d’Espagne, jusqu’aux décrets de Nueva Planta de 1715 et 1716. Après le mouvement de renouveau de la langue et de la culture catalanes de la Renaixença dans la deuxième moitié du xixe siècle, le nationalisme catalan ou « catalanisme » se structure idéologiquement à la fin du xixe siècle, tandis que la Catalogne est l’une des rares régions d’Espagne à connaître alors une importante révolution industrielle. De même, le mouvement artistique du modernisme témoigne de l’ouverture sur l’Europe de la région ainsi que du nouveau rayonnement culturel que connaît ce territoire.

Industrialisée depuis le xixe siècle, avec les secteurs historiquement dominants du textile, de la construction navale ou de la mécanique auxquels se sont ajoutés à la fin du xxe siècle ceux du tourisme, de l’automobile, de la chimie, de la pharmacie, de l’agroalimentaire ou de l’informatique, la Catalogne est aujourd’hui la communauté autonome la plus riche d’Espagne et la onzième des subdivisions territoriales de l’Union européenne, avec un produit intérieur brut (PIB) de 255.204 milliards de dollars en 2012. La communauté fait partie depuis 1988 des Quatre moteurs pour l’Europe avec le Land allemand du Bade-Wurtemberg, la région italienne de Lombardie et celle française de Rhône-Alpes (devenue l’Auvergne-Rhône-Alpes en 2016), et depuis 2004 de l’Eurorégion (devenue en 2009 un Groupement européen de coopération territoriale ou GECT) Pyrénées-Méditerranée avec la région française d’Occitanie ainsi que la communauté espagnole des Îles Baléares (auxquelles s’ajoutait jusqu’en 2006 l’Aragon).

Administration
Drapeau de l’Espagne
Capitale Flag of Barcelona.svg Barcelone
41° 23′ N, 2° 11′ E
Statut d’autonomie 9 septembre 1932
19 septembre 1979, modifié le 19 juin 2006
Sièges au Parlement 47 députés
24 (16 élus et 8 désignés) sénateurs
Président Quim Torra
Pouvoir législatif Parlement de Catalogne
ISO 3166-2:ES ES-CT
Démographie
Gentilé Catalan, Catalane
Population 7 522 596 hab. (2016)
Densité 235 hab./km2
Rang 2e rang (16 %)
Langue(s) catalan, occitan (officielles et propres), espagnol (officielle)
Géographie
Coordonnées 41° 48′ 36″ nord, 1° 28′ 12″ est
Superficie 3 195 000 ha = 31 950 km2
Rang 6e rang (6,3 %)
Fuseau horaire UTC +1 (heure d’été: UTC +2)
Divers
Indicatif téléphonique +34 97-
+34 93 (Barcelone)
Domaine internet .cat1
Devise Pas de devise officielle.
Sempre endavant mai morirem (En catalan: Toujours en avant, jamais nous ne mourrons), devise de Notre Dame de la Real2.
Hymne Els Segadors
Fête 11 septembre: Fête nationale de la Catalogne

L’Ile de Pâques

L’Ile de Pâques

Carte de l'île de Pâques.
Carte de l’île de Pâques.
Géographie
Pays Drapeau du ChiliChili
Archipel Polynésie
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 27° 07′ 10″ S, 109° 21′ 17″ O
Superficie 161,8 km2
Point culminant Maunga Terevaka (507,41 m)
Géologie Île volcanique
Administration
Région Valparaiso
Province Île de Pâques
Commune Île de Pâques
Démographie
Population 6 370 hab. (2015)
Densité 39,37 hab./km2
Gentilé Pascuan ou Rapanui
Plus grande ville Hanga Roa
Autres informations
Découverte Entre 400 et 1200 (Polynésiens)
1687 (Européens)
Fuseau horaire UTC−06:00
Site officiel www.rapanui.net 

Géolocalisation sur la carte : océan Pacifique

(Voir situation sur carte : océan Pacifique)

Île de Pâques
Île de Pâques
Îles au Chili

L’île de Pâques, en rapanui Rapa Nui (« la grande Rapa » en référence à Rapa iti « la petite Rapa »),  en espagnol Isla de Pascua, est une île du Chili isolée dans le sud-est de l’océan Pacifique, particulièrement connue pour ses statues monumentales (les moaï) et son écriture océanienne unique (le rongorongo).

L’île de Pâques se trouve à 2 078 kilomètres à l’est de l’île Pitcairn, l’île habitée la plus proche. Cet éloignement lui vaut d’être le lieu habité le plus isolé du monde au même titre que l’archipel Tristan da Cunha. D’autre part l’île est située à 2 829 km à l’ouest de l’île Alejandro Selkirk, dans les îles Juan Fernandez, à 3 525 kilomètres à l’ouest-nord-ouest des côtes chiliennes de la région du Biobío (Concepción) et à 4 256 kilomètres à l’est-sud-est de Tahiti.

L’île de forme triangulaire, d’environ 24 kilomètres dans sa plus grande dimension, couvre 161,8 km2. La population était estimée à 6 370 habitants en 2015. Son chef-lieu est Hanga Roa.

Elle fut visitée par le premier Européen, le navigateur néerlandais Jakob Roggeveen, le jour de Pâques, le 6 avril 1722, et comptait alors près de 4 000 habitants. Elle fut annexée par l’Espagne en 1770 sous le nom d’isla San Carlos, mais l’Espagne s’en désintéressa par la suite ; des Français s’y installèrent après 1864 et l’île devint une possession chilienne en 1888.

Depuis 1995, le patrimoine exceptionnel de l’île est protégé et inscrit au Patrimoine mondial par l’UNESCO. Des parcs ou réserves naturelles, parfois surveillés, enserrent les zones des vestiges. La communauté rapanui veille précieusement sur les traces de ce patrimoine et constitue localement un pouvoir parallèle aux autorités chiliennes.

Cette île, la plus à l’est de toute l’Océanie, est célèbre pour ses vestiges mégalithiques de la civilisation autochtone Haumaka également appelée Matamua (soit « les premiers » en rapanui). Le patrimoine archéologique comprend 1 042 statues de basalte, les moaï, de 4 m de hauteur moyenne et près de 300 terrasses empierrées au pied de ces statues, les ahû.

Nom officiel

Le nom espagnol d’Isla de Pascua (Île de Pâques) est dû au navigateur hollandais Jakob Roggeveen qui l’a découverte le dimanche de Pâques 1722,  et l’a baptisée ainsi Paaseiland. Pour les autres noms, voir le chapitre sur la culture de l’île.

Histoire et peuplement

Société de clans

Photo d'une statue de tiki en pierre de deux mètres cinquante de haut. Le bras gauche est manquant.

Tiki du chef Taka’i’i à Mea’e Te l’Ipona, près de Puamau, dans Hiva (îles Marquises).

Moaï dit Hoa Hakananai’a, d’Orongo, sur l’île de Pâques, actuellement au British Museum.

Premiers peuplements

D’après les analyses génétiques, effectuées au xxe siècle, la plupart des habitants sont d’origine polynésienne, (∼76%). Leur langue est d’origine austronésienne, toutefois des mots sont communs avec les langues d’Amérique du Sud (par exemple « kumara », la patate douce). Ces mots communs avec les langues d’Amérique du Sud, ainsi que celle de la kumara elle-même, démontre des contacts entre ces deux régions, mais ne prouvent pas qu’il y a eu peuplement à partir d’Amérique du Sud contrairement à la théorie de Thor Heyerdahl dans L’Expédition du Kon-Tiki.

La date du début du peuplement de l’île par des Polynésiens n’est pas déterminée avec précision. Selon l’hypothèse d’une chronologie longue, le peuplement initial daterait de 800, voire de 400 ; mais selon la thèse d’une chronologie courte, le peuplement daterait de 1200.  Des mesures au radiocarbone, effectuées dans les années 1950 pour estimer la date du peuplement de l’île vers 400 (à +/- 80 ans). De nouvelles études, ont mis en évidence des pollutions sur les mesures antérieures, impliquant un vieillissement des résultats. Des mesures de radiocarbone publiées en 2006 ont mis en évidence des premières implantations beaucoup plus récentes, vers 1200.

Quoi qu’il en soit, les premiers colons polynésiens, arrivés sur de grandes pirogues à balancier ou bien sur des catamarans offrant plus de charge utile, seraient partis des îles Marquises (situées à plus de 3 200 km) ou bien des îles plus proches des Tuamotu (Mangareva, à 2 600 km) en passant par Pitcairn (située à 2 000 km). Une reconstitution, effectuée en 1999 à partir de Mangareva sur des embarcations polynésiennes, a demandé 17 jours de navigation10.

Les plus anciens moaïs ressemblent beaucoup aux tikis que l’on peut voir dans les îles de Polynésie (Hiva Oa ou Nuku Hiva des Marquises, Tahiti…), et une partie de la flore et de la faune de l’île est très semblable à celle des autres îles polynésiennes (par exemple la fougère Microlepia strigosa(en), le Sophora toromiro, le Hauhau Triumfetta semitrebula, le Mahute Broussonetia papyrifera ou le Ti Cordyline terminalis(en), les poulets, les rats…)

Haumaka et les premiers Pascuans

Moaïs dans la carrière de Rano Raraku.

Moaïs de l’Ahu d’Aka’hivi.

Les premiers immigrants matamua (« les premiers »), emmenés, selon la tradition orale, par un chef nommé Haumaka, ont développé, malgré des ressources assez limitées, une société complexe et bien adaptée à son environnement. L’importance croissante du culte des ancêtres s’est traduite par l’érection de centaines de statues (moaï) qui, a-t-on pensé, ont peut-être consommé l’essentiel des ressources de l’île. Dans les années 1500 à 1600, l’île aurait connu une crise environnementale au terme de laquelle l’assise religieuse de la société pascuane changea. La construction des statues et des plateformes cérémonielles cessa. Les moaïs étaient disposés à la façon d’une barrière symbolique protégeant la population des dangers extérieurs. Or, lorsque les archéologues sont arrivés sur l’île, ils ont trouvé les statues renversées et ont supposé que c’était l’indice d’une guerre civile. Puis, en découvrant que ces statues avaient été posées au sol avec le plus grand soin (et en très bon état), ils en ont conclu que le renversement des moaïs n’étaient pas un geste de destruction mais simplement que la population de l’île de Pâques avait changé de croyance et a jeté un tapu sur les statues tout en respectant leurs pouvoirs divins passés. Des statues ont été comme laissées dans les carrières dans l’état d’achèvement où elles étaient au moment du changement, puis ont été recouvertes par les produits d’érosion du volcan. Cependant, le tuf dans lequel les moaïs ont été sculptés est jaune, mais exposé aux intempéries il vire au gris. Les parties enfouies ont gardé leur couleur originelle ce qui prouve que le changement est relativement ancien (plusieurs siècles, environ trois cents ans). À ce moment, le culte de Make-make et de l’homme oiseau Tangata manu prit de l’importance, remplaçant le culte des ancêtresantérieur. Les autochtones Matamua ou Haumaka en étaient là lorsque les maladies apportées par des nouveaux venus et l’esclavage(pratiqué par les exploitants péruviens de guano) réduisirent à cent onze personnes leur population. Après l’arrivée des planteurs et des missionnaires européens (initialement français), leurs ouvriers agricoles polynésiens (dont beaucoup, selon Eugène Caillot, seraient originaires de Rapa-Iti, mais cette hypothèse n’est pas documentée) se mêlent aux autochtones survivants, formant le peuple Rapa-Nui, que le missionnaire Eugène Eyraud achève de convertir au catholicisme. En fait il semble que des contacts entre Rapanais, Pascuans et autres polynésiens ont aussi pu se produire aux îles Chincha, près des côtes péruviennes, où les esclavagistes ont exploité les ouvriers qu’ils avaient razzié dans diverses îles dont Rapa et Pâques.

Les Européens et l’île de Pâques

Voyages de découverte (xviie – xviiie siècles)

Plan de l’île levé par l’expédition de La Pérouse en 1797.

Le premier Européen qui ait aperçu l’île fut en 1687 le pirate Edward Davis sur le Bachelor’s Delight, alors qu’il contournait les îles Galápagos en direction du cap Horn. Il aperçut l’île par hasard et crut avoir trouvé le légendaire « continent du Sud » mais il n’effectua pas de débarquement.

Le nom de l’île est dû au Hollandais Jakob Roggeveen qui y accosta avec trois navires au cours d’une expédition pour le compte de la Société commerciale des Indes occidentales. Il la découvrit en effet le dimanche de Pâques 1722 et l’appela Paasch-Eyland (île de Pâques). Un des participants à l’expédition était le Mecklembourgeois Carl Friedrich Behrens dont le rapport publié à Leipzig orienta l’attention de l’Europe vers cette région à peine connue du Pacifique.

L’explorateur suivant fut l’Espagnol Felipe González de Ahedo qui avait reçu du vice-roi du Pérou l’ordre d’annexer l’île pour le compte de la Couronne espagnole. L’expédition de González de Haedo débarqua le 15 novembre 1770. Après une visite rapide et très partielle de l’île (exploration d’une demi-journée dans un seul secteur), et après un contact amical avec une population à structure sociale hiérarchisée, Felipe González de Haedo, qui ne pensait pas être dans l’île de Roggeveen, décida d’annexer cette terre à la Couronne d’Espagne et la nomma Île de San Carlos. Il fit planter plusieurs croix à l’Est de l’île, sur la pointe du volcan Poïké. Durant les années qui suivirent, l’Espagne ne se soucia guère de sa nouvelle possession. Preuve fut faite en cartographie qu’il s’agissait bien de la découverte du Hollandais Roggeveen, donc cette terre lointaine ne pouvait appartenir à l’Espagne.

Au cours de sa deuxième expédition du Pacifique Sud, James Cook visita l’île de Pâques du 13 mars 1774 au 17 mars 1774. Il n’en fut pas enthousiasmé et écrivit dans son livre de bord : « Aucune nation ne combattra jamais pour l’honneur d’avoir exploré l’île de Pâques, […] il n’y a pas d’île dans la mer qui offre moins de rafraîchissements et de commodités pour la navigation que celle-ci. » Cependant, son séjour fournit des informations essentielles sur la constitution géologique, la végétation, la population et les statues — qui dans leur majorité avaient déjà été renversées, sans que l’on sache si c’est par les hommes, ou par un séisme. Nous avons des images témoins de cette époque grâce au naturaliste allemand Reinhold Forster et à son fils Georg Adam Forster, qui participaient à l’expédition Cook. Reinhold Forster a dessiné les premiers croquis des statues (moaïs) qui, gravés et publiés dans un style alors typiquement romantique, firent sensation dans les salons.

En 1786, le navigateur français La Pérouse débarqua sur l’île de Pâques au cours de sa circumnavigation terrestre, effectuée sur l’ordre du roi Louis XVI. La Pérouse avait l’ordre de dessiner des cartes précises afin de contribuer, avec l’étude des peuples du Pacifique, à la formation du dauphin.

Le xixe siècle

La catastrophe démographique

Selon Alfred Métraux, dans son Introduction à la connaissance de l’Île de Pâques de 1935. la population d’origine (les Matamua ou Haumaka) serait passée de 2 500 personnes à seulement 111 en 1877. Les marchands d’esclaves de Callao au Pérou, ont, de 1859 à 1863, fait plusieurs raids et déporté environ 1 500 insulaires pour les vendre aux exploitants de guano des îles Chincha. Toujours selon Métraux, la société matamua est totalement déstructurée par la capture et le massacre en 1861 des ariki (guerriers), des prêtres et du clan Miru (revendiquant descendre de Hotu Matu’a) dont faisaient partie l’ariki-nui (roi) Kaimakoi et son « prince héritier » Maurata, de sorte que la mémoire identitaire des autochtones est en grande partie perdue. Frappée par les maladies introduites par les Européens (notamment la tuberculose), la population diminue encore fortement durant les années 1860 et 1870, avec pour résultat qu’après les immigrations ultérieures, en provenance essentiellement des îles Australes (dont Rapa), de Tahiti et des Tuamotu, les Matamua d’origine ne représentaient plus que 3 % environ de la population pascuane, les autres Polynésiens (les Rapa-Nui) étant la moitié, les Européens d’origine 45 %, et les Chinois 1 %. Les Polynésiens venus dans l’île après 1861, déjà pourvus d’anticorps contre les maladies des Européens et déjà en partie christianisés, ont été amenés par les planteurs Dutrou-Bornier, Mau et Brander comme ouvriers agricoles, entre 1864 et 1888.

La théorie du « suicide écologique » de Jared Diamond  supposait que les Matamua, imprévoyants, avaient déboisé leur île, rendant leurs terres incultivables, et sombrant ainsi dans la famine et la guerre civile. Mais les observations archéologiques sur l’état de la dentition des crânes de Matamua ne démontrent pas de famine ni même de malnutrition. Il n’y a pas non plus de traces d’une guerre, les moaïs renversés ayant pu l’être aussi bien suite à un changement de croyances ou à un tsunami consécutif à des séismes (tsunami dont les traces, elles, sont claires). Quant aux pointes de pierre interprétées auparavant comme des lances, elles se sont avérées être des outils de différentes formes.

La mission catholique (1864)

C’est en 1864 qu’a lieu l’installation sur l’île du premier Européen sédentaire Eugène Eyraud, un Français ouvrier mécanicien à Copiapó (Chili), qui a décidé de se consacrer à l’évangélisation. Après un séjour d’observation (dont il a laissé un compte-rendu) Eyraud retourne au Chili se faire soigner et revient en mars 1866 avec un prêtre, Hippolyte Roussel, qui se trouvait auparavant en fonction aux îles Marquises. Tous deux créent la mission catholique. Deux autres missionnaires arrivent en novembre 1866 avec des animaux et du matériel. Cependant, Eugène Eyraud meurt en août 1868 de sa maladie.

Les planteurs-éleveurs Dutrou-Bornier et Mau (1866)

Les nouveaux missionnaires ont été convoyés par le capitaine français Jean-Baptiste Dutrou-Bornier à qui l’île de Pâques parait très intéressante. Il revient quelques mois plus tard avec son propre matériel et sa famille afin de créer une exploitation agricole. Un autre colon s’installe en même temps, le charpentier de marine Pierre Mau. En septembre 1868 est établi un « Conseil de gouvernement », présidé par Dutrou-Bornier avec le missionnaire allemand Gaspar Zumbohm pour secrétaire, et quatre membres polynésiens représentant les ouvriers amenés de Polynésie française. Ce « Conseil de gouvernement » se dote d’institutions : un tribunal présidé par Hyppolite Roussel et une police, les mutoi, tandis que la mission est rattachée au vicariat apostolique de Tahiti : en fait la mission et les colons européens procèdent surtout à d’importants achats de terre à très bas prix auprès de Pierre Mau et des propriétaires Matamua ayant survécu à la catastrophe de 1862.

L’association Dutrou-Bornier/Brander (1871-1876)

En 1869, Pierre Mau quitte l’île, revendant ses propriétés à la mission catholique. Des dissensions liées aux mœurs de Dutrou-Bornier entraînent le départ des missionnaires en 1871 ; l’ancien capitaine devenu planteur reste le seul Européen. Le 30 octobre 1871, il conclut un « contrat d’association pour l’exploitation de l’île de Pâques » avec l’entrepreneur écossais installé à Tahiti (où il a épousé Titaua Salmon en 1856), John Brander. De fait, il s’agira essentiellement d’un élevage de moutons de plusieurs milliers de têtes. La mort de Dutrou-Bornier en 1876, suivie de celle de John Brander en 1877 crée des problèmes juridiques, les héritiers respectifs s’engageant dans une procédure qui ne prendra fin qu’en 1893. Entretemps, la responsabilité de l’exploitation agricole de l’île de Pâques revient au beau-frère de John Brander, Alexander Salmon,  véritable maître de l’île jusqu’à l’annexion par le Chili en 1888.

Autres voyages de découverte

Photographie de la canonnière SMS Hyäne.

En 1882, la canonnière allemande SMS Hyäne (« La Hyène ») visita durant cinq jours l’île de Pâques au cours d’une expédition dans le Pacifique. Le capitaine-lieutenant Geiseler avait l’ordre de l’amirauté impériale d’entreprendre des études scientifiques pour le département ethnologique des musées royaux prussiens de Berlin. L’expédition a fourni entre autres, un demi-siècle avant Alfred Métraux et près de 80 ans avant Thor Heyerdahl, les descriptions très détaillées des us et coutumes, de la langue et de l’écriture de l’île de Pâques ainsi que des dessins exacts de différents objets culturels, des statues (moaïs), des croquis de maisons et un plan détaillé du lieu de culte Orongo

Le médecin de marine William Thomson a pris les premières photos de statues (moaïs) en 1886 alors qu’il visitait l’île à bord du navire américain USS Mohican.

L’île de Pâques sous la domination chilienne

Le septembre 1888, l’île est annexée au nom du Chili par le capitaine de corvette Policarpo Toro (1856 -1921), qui y séjournait depuis 1886 et menait les négociations avec les habitants, malgré quelques tentatives de la France pour les contrecarrer. La lignée royale, descendant de Hotu Matu’a (le clan Miru) étant éteinte depuis 1861, un traité d’annexion de l’île est signé avec un certain Atamu Tekena, reconnu comme roi par le gouvernement chilien.

L’île est divisée entre la réserve de Hanga Roa, 6 % de la surface de l’île, où sont parqués les Rapa-Nui, et la Compagnie Williamson-Balfour, qui possède le reste et y élève des moutons jusqu’en 1953.

De 1953 à 1966, l’île est sous le contrôle de la marine chilienne.

En 1966, les Pascuans reçoivent la nationalité chilienne, sont autorisés à quitter la réserve, et l’île devient un territoire de droit commun.

Enfin, le 30 juillet 2007, une réforme constitutionnelle dote l’île d’un statut de « territoire spécial », mais elle continue pour le moment d’être administrée comme une province de la VeRégion (Valparaíso).

La menace du changement climatique

Au xxie siècle, le changement climatique et la montée des océans qui en résulte menace la plupart des sites archéologiques de l’île.

Géographie et climat

Géographie et géologie

Vue satellite de l’île.

Îles de Pâques et Sala y Gómez et la côte de l’Amérique du Sud.

Il s’agit d’une des terres les plus isolées au monde. L’île la plus proche, mais déserte, est Sala y Gómez, à 391 km à l’est. Pitcairn est l’île habitée la plus proche, à près de 2 080 km à l’ouest. L’île de Pâques se trouve à 3 525 kilomètres des côtes chiliennes et à 4 250 km de Tahiti. L’île de Pâques est de forme triangulaire, environ 23 km dans sa plus grande dimension, et couvre 162 km2. Le plus haut point de l’île à 507 mètres d’altitude est le Maunga Terevaka. Il y a trois lacs d’eau douce dans des cratères volcaniques (Rano) : Rano KauRano Raraku et Rano Aroi mais aucun cours d’eau permanent. La population comptait 3 304 habitants en 2002. Son chef-lieu est Hanga Roa.

L’île est d’origine volcanique avec trois cônes principaux éteints. Le Maunga Terevaka forme la plus grande superficie de l’île. Les monts Poike à l’est et Rano Kau au sud, lui sont reliés par des ponts de débris d’éruption et donnent la forme triangulaire de l’île. Il existe de nombreux autres petits cratères et reliefs volcaniques dont le Rano Raraku, le Puna Pau et des tunnels de lave. Les pierres principales sont le basalte et l’hawaiite, tous deux riches en fer et apparentées aux roches ignées des îles Galápagos.

L’île de Pâques est entourée d’îlots comme Motu Nui, une montagne volcanique de plus de 2 000 mètres de dénivelé entre le fond de la mer et son sommet. L’île de Pâques et ces îlots font partie de la chaîne de Sala y Gómez, surtout sous-marine, qui débute à Pukao et s’étend 2 700 km à l’est jusqu’à Nazca.

Les îles de Pukao, Moai et de Pâques ont été formées au cours des 750 000 dernières années, l’éruption la plus récente date d’un peu plus de 100 000 ans. Ce sont les plus jeunes montagnes des Sala y Gómez qui repose sur la plaque de Nazca au-dessus du point de passage d’un point chaud dans le sud-est du Pacifique et près d’une zone de fracture. De la fumée a été photographiée sortant du mur du cratère Rano Kau — pourtant éteint — par l’administrateur de l’île, M. Edmunds.

Notes

Le point antipodal de l’île se trouve dans le district de Jaisalmer, dans le Rajasthan en Inde. C’est un lieu inhabité entre les villages de Kuchchri, Häbur et Mokal.

L’éclipse totale de Soleil du 11 juillet 2010 est passée par l’île de Pâques, 10 ans et 11 mois (calendaires), soit 1 tritos, après celle du 11 août 1999. À cette occasion, l’astronome français Jean-Claude Merlin a annoncé officiellement le baptême de la petite planète 221 465 du nom de Rapa Nui.

Climat

Le climat de l’île de Pâques est subtropical maritime. La température minimale est de 16 °C en juillet et août (hiver austral) et le maximum est de 28 °C en février. Il tombe 1 138 mm de pluie annuellement et avril est le mois le plus pluvieux mais la pluie est assez bien répartie tout au long de l’année.

Biodiversité et évolution environnementale de l’île

Avifaune

Les îlots rocheux qui se trouvent au sud-ouest de l’île de Pâques abritent une importante population d’oiseaux de mer : mouettesgoélandsfrégates et le mythique sterne noir, devenu très rare aujourd’hui. Dans le culte de Make-make, le sterne noir a joué autrefois un rôle essentiel : chaque année, à l’arrivée de cet oiseau migrateur connu sous le nom indigène de manutara ou mahoké, des hommes gagnaient au large l’île Motu Nui dans le but de rapporter l’un de ses œufs, symbole de la création du genre humain. Toutefois, la catastrophe démographique et culturelle de 1861 a eu pour effet la perte de la plus grande partie de la tradition orale, de sorte que les détails de ce culte ne nous sont connus que partiellement, par les récits des premiers explorateurs et par les ré-interprétations récentes des pétroglyphes et des légendes pascuanes.

Flore

L’aspect de l’île frappe actuellement par l’absence de forêt, à l’exception des plantations récentes de toromiro, un sophora endémique de l’île. Cela n’a pas toujours été le cas : les premiers explorateurs européens décrivent la présence de bois de toromiro et de sous-bois de fougères. Il existe de nombreuses traces de racines et de noix d’un palmier, le Paschalococos disperta. Les dernières recherches archéologiques, notamment l’analyse des pollens contenus dans les sédiments ou des restes de repas, prouvent que 25 espèces d’arbres ont totalement disparu ou du moins que leur nombre aurait considérablement chuté à partir des années 15001600. Il y aurait donc eu un déboisement comme l’affirme Peter Eeckhout dans l’émission « enquêtes archéologiques: Ile de Pâques le grand tabou ». Pour lui, « la population des Rapa Nui n’a cessé de croître et de déboiser pour gagner des terres arables ».

Un pied de toromiro.

Le cratère du Rano Raraku.

Démographie

La population avant les contacts européens

Jared Diamond estime qu’à son apogée, c’est-à-dire entre le xvie et le xviie siècle, l’île de Pâques aurait pu abriter jusqu’à 10 000 ou 15 000 habitants, venus, semble-t-il, des Marquises ou de Mangareva, et décimés en 1861 par les esclavagistes péruviens. Cependant, selon Daniel Taruno, ingénieur agronome, « il semble impossible qu’une société néolithique qui ne connaissait pas la roue et n’élevait pas de bêtes de trait ait pu développer la productivité agricole au point de nourrir 15 000 êtres humains sur 165 km2, soit 90 habitants/km2. Selon la monumentale Histoire des agricultures du monde de Marcel Mazoyer et Laurence Roudart, une telle densité représenterait trois fois celles de la Grèce et de l’Italie antiques. L’agriculture pascuane se situerait ainsi presque au niveau de productivité du système agraire fort performant de l’Égypte pharaonique. Il semble exclu que de tels résultats aient été atteints dans les conditions de l’île de Pâques, que Jared Diamond décrit comme non optimales ». Un modèle mathématique a établi que la population n’a pas pu dépasser 2 000 habitants pour qu’ils puissent durablement survivre sur l’île sans épuiser la ressource qui leur était indispensable : le palmier. Si excédent de population il y a eu, il a conduit à un épuisement des ressources de l’île et donc probablement à une chute consécutive de l’excédent démographique, en raison de famines, de conflits armés, de migrations maritimes vers d’autres terres, etc. Une migration partielle selon la tradition polynésienne serait d’ailleurs confirmée par des traces d’habitations qui ont, entre autres, été découvertes sur Henderson et sur Pitcairn.

Les effets de la colonisation européenne

La déportation vers le Pérou d’un grand nombre d’habitants matamua (dont les dirigeants de l’île) destinés aux travaux forcés sur les îles Chincha (exploitation du guano) fit chuter le nombre d’habitants à 900 en 1868. Quant à ceux qui purent revenir, les maladies qu’ils avaient contractées provoquèrent un nouveau recul démographique.

Un autre phénomène aux lourdes conséquences démographiques fut l’élevage intensif de moutons mis en place par les colons français Jean-Baptiste Dutrou-Bornier et Pierre Mau  sur une partie de l’île. À la suite de conflits d’intérêts entre les colons et les missionnaires (également français) installés peu avant, 277 habitants émigrent en 1871 vers la Polynésie française, accompagnant les missionnaires qui quittaient l’île de Pâques (Muñoz 2015). En outre, en raison de la surface de terre exploitée par ces élevages, l’expansion démographique des Rapa-Nui se trouva fortement affaiblie, et même empêchée dans tout le Nord-Est de l’île. En 1877, le nombre d’habitants était tombé à 111. Après cette date, la population se mit à augmenter progressivement ; en 1888, année de l’annexion de l’île par le Chili, 178 habitants furent recensés.

La population pascuane au xxe siècle

Au début du xxe siècle les Rapa-Nui ont été obligés de vivre dans une petite zone délimitée au sud-ouest de l’île par les autorités chiliennes, tout le reste de l’île (94 % de la surface) étant réservé à l’élevage du mouton par les compagnies fermières. L’exode des Polynésiens augmentant, le gouvernement chilien a dû prendre des mesures pour enrayer un potentiel exil total de la population. Ce n’est que dans les années 1960 que les habitants furent à nouveau autorisés à circuler dans leur île et que les conditions de vie ont commencé à s’améliorer, ce qui a permis une augmentation de la population. En 1960 on recensait plus de 1 000 habitants, dont la moitié d’origine Rapa-Nui.

D’après le recensement de 2002, l’île compte 3 791 habitants. Cette augmentation repose aussi sur l’immigration chilienne. La conséquence de cette vague d’immigration est la modification de la composition ethnique de la population. En 1982 les Polynésiens représentaient 70 % de la population. En 2002 ils n’étaient plus que 60 %. Parmi les 40 % restants, 39 % étaient d’origine européenne (il s’agissait en général de résidents temporaires, comme les employés d’administration, le personnel militaire, les scientifiques et leurs assistants) (Muñoz 2007). Par le jeu des croisements dans cette petite communauté polynésienne, pratiquement tous ses membres peuvent se prévaloir d’avoir des ancêtres Haumaka (ou Matamuapremiers Polynésiens arrivés sur l’île) ou liés à Atamu Tekena (reconnu roi de l’île par le Chili en 1888), de sorte que devant les caméras et les touristes d’aujourd’hui, beaucoup de familles se revendiquent, en souriant, de sang princier ou royal.

Ces dernières décennies ne connurent pas que des vagues d’immigration. Bon nombre d’habitants de l’île de Pâques ont émigré sur le continent, à la recherche de travail ou pour faire des études. Lors du recensement de 2002 on constata que 2 269 Rapanui chiliens vivaient en dehors de l’île (Muñoz 2007). La densité de population de l’île de Pâques n’est que de 23 hab./km2 (pour comparaison : France, 113 hab./km2 ; Belgique, 342 hab./km2 ). Au milieu du xixe siècle, avant la catastrophe démographique de 1861, la plupart des pascuans d’origine vivaient au sein de six agglomérations : Anakena, Tongariki, Vaihu, Vinapu, Matavei et Hanga Roa ; il y avait aussi des habitats dispersés. Aujourd’hui, les habitants sont concentrés dans les villages de Hanga Roa, Mataveri et Moeroa au Sud-Ouest. Ces villages se sont développés les uns à côté des autres, dans la zone où les autorités chiliennes avaient cantonné les Pascuans polynésiens jusqu’en 1960, si bien qu’ils sont aujourd’hui considérés comme une seule et unique agglomération. C’est là aussi que se trouve l’aéroport international.

Administration

Administration chilienne

Tampon de passeport de l’île de Pâques.

L’île de Pâques dépend du Chili depuis 1888. Avec l’île voisine de Sala y Gomez, elle forme une province de la région de Valparaíso. Un des gouverneurs accrédités par le gouvernement chilien administre l’île. Depuis 1984, il s’agit toujours d’un insulaire. Depuis 1966, un conseil municipal de 6 personnes est élu tous les 4 ans dans la commune de Hanga Roa. Un de ces 6 élus est nommé maire de l’île.

Une douzaine de policiers stationne sur l’île et assure, entre autres, la sécurité de l’aéroport. Les forces armées et la marine sont très présentes. La marine dispose d’un bateau de patrouille qui sert également en cas de sauvetage en mer. La monnaie est le peso chilien, mais le dollar américain s’est peu à peu imposé, si bien qu’il est en 2008 une monnaie secondaire mais acceptée partout.

L’île de Pâques est un territoire exempt de droits de douanes, si bien que les recettes issues des impôts et autres taxes sont relativement minces. Le budget public est dans une très grande mesure subventionné par le Chili. Le courrier n’est pas distribué aux habitants, mais gardé durant un certain délai au bureau de la poste. Le lieu est très fréquenté par les touristes qui viennent y faire apposer le tampon de l’île sur leur passeport.

Administration ecclésiastique

La paroisse catholique de l’île de Pâques appartient aujourd’hui au diocèse chilien de Valparaíso. Elle a appartenu au vicariat apostolique des îles de Tahiti jusqu’en 1911, avant d’être transférée au Chili. Il semble que le diocèse aux armées du Chili était alors responsable de la charge pastorale de l’île. Puis, le 24 octobre 1934, la paroisse a été assignée au vicariat apostolique de l’Araucanie (situé dans le Chili central-méridional, à 4 500 km au sud-est de l’île), à la charge des pères capucins. Le janvier 2002, la paroisse a été transférée une dernière fois à Valparaíso.

Économie

Infrastructures

Dans les années 1970, la NASA a procédé à l’agrandissement de l’aérodrome de Mataveri, créant ainsi un terrain d’atterrissage d’urgence pour les navettes spatiales. Depuis, les gros porteurs peuvent désormais atterrir sur cet aéroport, le plus isolé du monde. Cet agrandissement a eu pour effet d’augmenter la fréquentation touristique de l’île, qui représente aujourd’hui la première source de revenus. Le nombre de touristes reste cependant très limité en comparaison des autres îles touristiques. Depuis peu, un service des eaux centralisé est disponible. Auparavant, l’eau courante était limitée aux réserves des lacs formés dans les cratères des volcans et aux nappes phréatiques. Le réseau de distribution électrique fonctionne grâce à des générateurs diesel, il se limite au village de Hanga Roa (soit la quasi-totalité de la population). Les routes situées à proximité de Hanga Roa et de Mataveri sont goudronnées ; il en est de même pour la route allant de Hanga Roa à la plage d’Anakena et tout le long de la côte sud jusqu’à la presqu’île de Poike.

À l’école de Hanga Roa, l’enseignement est assuré jusqu’à l’obtention du Prueba de Aptitud, équivalant du baccalauréat français. Les enseignements professionnels et supérieurs ne sont cependant disponibles que sur le continent. En outre, l’UNESCO soutient un programme d’enseignement bilingue rapanuiespagnol. Les services de santé sont bien meilleurs que dans d’autres régions isolées du Chili. Le petit hôpital dispose d’un médecin, d’un dentiste ainsi que d’une sage-femme. Une ambulance est également mise à disposition de l’hôpital. Les pompiers sont équipés d’un matériel de qualité, en grande partie de fabrication française (RVICamiva…).

D’autres infrastructures comme l’église, la poste, les services bancaires, la pharmacie, de petits commerces, un supermarché, des snack-bars et autres restaurants se sont considérablement améliorés depuis les années 1970 et ce notamment pour satisfaire les demandes des touristes. D’autres services comme la téléphonie par satellite ou Internet sont également disponibles. Une discothèque a même été construite.

Tourisme

Depuis le premier vol commercial depuis Santiago en 1967, le tourisme s’est rapidement développé. Avec 70 000 visiteurs par an en 2010 (50 000 en 2006, 65 000 en 2009),  le tourisme est devenu la ressource principale de l’île.

Une seule compagnie aérienne dessert l’île en 2008 : LAN Chile. Un vol quotidien relie directement Santiago à l’île de Pâques, tandis qu’un vol par semaine — le mercredi — fait également escale par l’aéroport international de Tahiti-Faaa.

La piste de l’aéroport international Mataveri coupe le reste de l’île du secteur d’Orongo, le village des hommes oiseaux.

Données Wikipédia