La Semana Santa

Elle commence le dimanche des Rameaux par le défilé de « La borriquita » qui rappelle l’entrée de Jésus à Jérusalem et s’achève le dimanche de Pâques avec la procession du Christ ressuscité.

Elle est marquée par les processions diurnes et nocturnes organisées par les « cofradías » ou « hermandades ». Des confréries qui révèrent un personnage particulier lié à la Passion du Christ. Elles sont les héritières des confréries du Moyen Age qui rendaient un culte à un saint patron.

Chaque confrérie se regroupe autour d’un « paso » (sorte de char fleuri sur lequel des statues de plâtre ou de bois représentent des épisodes de la Passion du Christ). Ils défilent dans les rues des villes, portés par les “costaleros”, de solides gaillards et depuis quelques années de non moins solides gaillardes qui se relaient, et ce n’est pas un luxe, car certains pasos peuvent peser plusieurs centaines de kilos.

Ces pasos se suivent dans l’ordre des événements qu’ils commémorent : La Cène, le Jardin des Oliviers, la Flagellation, la Couronne d’épines, la Sainte Véronique, la Crucifixion, la Vierge des Douleurs …

Avec chaque « paso » défilent les « nazarenos », des pénitents portant une tunique blanche, noire, rouge ou violette et un « capirote », coiffure conique. Certaines confréries en comptent plus d’un millier. Ces « nazarenos », dont certains marchent pieds nus ou portent un cilice, sont les successeurs modernes des flagellants du Moyen Age qui s’autoflagellaient ou qui exposaient leur dos dévêtu aux coups de fouet d’un autre flagellant.

Sous la IIe République, qui avait fait adopter une constitution laïque, certains « pasos » avaient été détruits, mais le franquisme avait remis les processions à l’honneur. Après la Transition, l’intérêt pour ce genre de cérémonies avait nettement baissé, car trop marqué par la période précédente, mais l’aspect festif a relancé la chose et l’emporte souvent sur le côté religieux. Pour se donner du courage, les « costaleros » font circuler des boissons autres que l’eau minérale et l’on peut parfois discerner, au milieu des odeurs d’encens, des exhalaisons de plantes exotiques.