Peuplement, population et dépopulation en Amérique.

Peuplement, population et dépopulation en Amérique.

Peuplement, population et dépopulation en Amérique.

L’épidémie de covid 19 touche aujourd’hui des populations qui n’avaient jamais été auparavant en contact avec le virus. Jean-François Bouchard, archéo-anthropologue et professeur au CNRS, a fait le rapprochement avec les épidémies qui ont touché les Amériques à partir de l’arrivée des européens.  Protégées pendant des millénaires des maladies contagieuses (variole, rougeole, peste etc.) qui ravageaient périodiquement le reste du monde, les populations autochtones ont été particulièrement affectées. Dans certaines régions, ces maladies ont entraîné leur quasi disparition et un effondrement démographique qui n’avait pas été comblé au moment des indépendances, trois siècles plus tard.

Avant l’arrivée des Espagnols en Amérique, le continent n’avait pas connu d’épidémies tragiques, comme celles qui ont si souvent frappé l’Europe ou l’Asie. Les plus anciennes populations amérindiennes venues de l’Est de l’Asie sont les vrais découvreurs du Nouveau Monde. Elles arrivèrent en Amérique avant l’apparition de ces maladies infectieuses, elles ne les connurent donc pas. Par la suite, ces premiers amérindiens se sont répandus dans le continent jusqu’au 16e siècle sans que d’autres migrations les contaminent (à part l’arrivée très locale de scandinaves établis dans le nord-est de l’Amérique du nord).

L’isolement du continent américain pendant des millénaires permit aux populations amérindiennes d’être épargnées par les maladies contagieuses qui périodiquement ravageaient le reste du monde (variole, rougeole, peste etc.). Il existait toutefois des pathologies parfois lourdes, très souvent à l’occasion d’accidents, ou de malnutrition voire de combats. Elles ont laissé des traces observables sur les vestiges osseux précolombiens mais on n’a pas d’évidences de maladies épidémiques (par exemple sur les corps momifiés) qui auraient atteint ces populations. Il est ainsi probable que la croissance démographique put se développer sans pâtir de ces maladies qui ne firent leur apparition qu’au 16e siècle quand les Espagnols d’alors les apportèrent avec eux. La démographie de l’époque préhispanique fut exempte de variations tragiques dues aux épidémies et, dans l’ensemble des territoires la croissance se fit donc sans à-coups. La contrepartie est qu’elles n’étaient pas du tout

immunisées contre ces agents pathogènes inconnus en Amérique. L’Amérique n’est sans doute pas un cas unique et ce fut aussi le cas des populations aborigènes de l’Océanie. A cette vulnérabilité face aux maladies arrivées après la découverte par les européens, s’ajouta l’importance numérique de la population amérindienne (plusieurs dizaines de millions d’individus).  Ce fut la cause d’une suite d’épidémies entraînant des millions de morts dans les siècles qui suivirent la conquête. Ces maladies ne faisaient pas d’exceptions : tout être humain pouvait être contaminé par ces épidémies aux conséquences très souvent fatales.

Les basses terres côtières furent parmi les premiers foyers d’infection car la conquête commença par la côte mais les maladies sévirent partout où les conquistadors entraient. Dans l’Amérique andine, quelques décennies après la chute de l’Empire inca, on connut une baisse de sa démographie due surtout aux épidémies importées à l’époque coloniale. Cette dépopulation facilita la conquête et la colonisation en amenuisant fortement la résistance de la population amérindienne du 16e siècle. Elle commença parfois avant même l’arrivée des conquistadors dans les régions atteintes. On suppose que ce fut une maladie de ce type (peut-être une forme de variole) qui causa la mort de l’Inca, Wayna Khapaq (ou Huayna Capac) en 1528 avant même que Pizarro n’arrive au Pérou (1532).

Au 16e siècle, on ignorait les détails des mécanismes de contamination, on ne disposait d’aucun remède pour circonscrire les épidémies et les médecines amérindiennes étaient totalement impuissantes pour les soigner. Malgré l’adoption des vaccins modernes contre les différentes maladies infectieuses, on constate encore de nos jours des vagues d’infection, comme le choléra, qui se répandent et causent des ravages dans les populations les plus démunies et les plus vulnérables. Les historiens ont bien perçu et rapporté les effets des épidémies, surtout dans les toute premières décennies après les conquêtes : dans certains cas, c’est presque l’extinction totale des populations qui en résulta. Dans les régions où se concentraient beaucoup de populations cultivant surtout le maïs, les chutes démographiques atteignirent jusqu’à 80% des amérindiens. Ainsi, dans la région de la côte centrale de l’Equateur, où des groupes de la culture manteña disparurent de plusieurs des zones habitées par les populations natives. Dans cette même région, une ville coloniale, Puerto Viejo, où séjournaient des conquistadors plus ou moins malades eux-mêmes, fut sans doute aussi un foyer épidémique important. Cette dépopulation violente occasionna une importante démoralisation.  On ne doit pas minimiser ces impacts profonds dans l’esprit des amérindiens vaincus par les conquistadors. Ils se sont sentis abandonnés par leurs protections mythiques, elles aussi vaincues par les Européens et par leur culture. Cela les plaçait dans une infériorité inéluctable vis à vis des nouveaux pouvoirs et des élites venues d’un autre monde, comme si la faiblesse des natifs les destinait aux plus bas rangs des sociétés coloniales.

Certaines femmes indiennes, enceintes, choisissaient même d’avorter ou tuaient les nouveaux nés pour leur épargner de tels malheurs et de telles souffrances. On peut sans doute y voir la naissance des inégalités qui divisent toujours le monde américain.

L’extermination des Amérindiens n’était pas voulue par les conquérants qui avaient trop besoin du travail des populations vaincues. Le tribut qu’ils percevaient permettait d’exploiter au mieux les richesses des terres conquises. Et il ne faut pas oublier qu’on se posa vite la question de savoir si les amérindiens avaient une âme, comme les êtres humains venus d’Europe.  Ce n’est qu’au terme de longs débats qu’on a accordé une place aux amérindiens au sein de l’humanité, à la condition qu’ils adoptent aussi les croyances venues d’ailleurs. Les amérindiens furent aussi rassemblés dans les nouvelles structures sociales qu’on leur imposait : les « réductions » de villages et les « haciendas » furent leurs nouveaux lieux de vie. On effaça tous les vestiges antérieurs en les chassant des anciens villages pour mieux les contrôler.  Dans ces nouveaux lieux d’habitat, (les « reducciones de pueblos » et les « encomiendas ») les amérindiens survivaient comme ils le pouvaient, au lieu de vivre comme ils l’avaient fait auparavant.  Tout cela n’aurait pas été possible si les populations natives étaient restées aussi nombreuses qu’avant la conquête. Puis, on compensa les pertes de la population native en introduisant une nouvelle main d’œuvre captive : l’esclavage et la traite négrière apportèrent en Amérique un flot ininterrompu de noirs capturés dans les terres d’Afrique. Cela fit naître une nouvelle catégorie de travailleurs liés aux propriétés exploitées par les Européens.  D’abord expérimenté dans les îles caraïbes, cet esclavage s’étendit dans tout le continent. La population afro-américaine ne fut libérée de ses chaines qu’au bout de plusieurs siècles, bien après l’effondrement de la période coloniale.  Mais elle ne put pas regagner ses terres d’origine et forma une grande diaspora africaine enracinée dans le Nouveau Monde. Dans la majeure partie de l’Amérique hispanique, les clivages subsistent encore avec force mais, à l’époque actuelle, le fond d’origine africaine témoigne d’un dynamisme puissant. Dans beaucoup d’endroits, il est numériquement majoritaire et imprègne la vie politique tout comme la vie culturelle des régions où il est implanté. Pour prendre l’exemple de l’art musical, il ne viendrait à personne l’idée de penser que le jazz, la samba et la bossa nova ne sont pas des « musiques américaines », bien que venant de la créativité musicale afro-américaine. Et personne ne songe non plus à exclure les afro-américains des compétitions de sport où ils prédominent dans de très nombreuses disciplines.

Ces populations, issues de l’esclavage, ne sont pas venues de leur plein gré en Amérique et elles posent le problème de la coexistence de ces peuples au sein du continent actuel. Depuis leur arrivée, elles ont largement contribué à faire sa richesse et sa croissance.  L’avenir de l’Amérique ne peut pas se faire sans qu’elles prennent part à sa construction qui ne peut pas se résumer à l’assemblage de descendants de conquérants européens et à ceux des peuples amérindiens. L’Amérique doit réunir ces grands fonds de population, auxquels s’ajouteraient aussi des courants secondaires, (asiatiques, arabes ou d’autres origines). Et cela doit commencer par l’égalité des droits de ses citoyens :  nul ne peut en être privé du seul fait de ses origines.

Sinon, on ne pourra pas dire ni penser que l’Amérique est entrée dans la modernité en intégrant tous ses composants historiques, démographiques et socio-culturels.

Les ultra-conservateurs occidentaux et les champions de l’indigénisme doivent accepter que les points de vue qu’ils soutiennent sont obsolètes et manquent de clairvoyance. Faire abstraction des autres fonds de population est devenu tout simplement impossible car cela reviendrait à construire le futur à partir d’un passé révolu et incomplet. Cela n’empêchera pas que survivent les coutumes propres à chaque culture. Mais il serait insensé de choisir des normes d’un autre âge pour bâtir le futur de tout le continent.

Partez à la découverte du

Partez à la découverte du

Partez à la découverte du Moulin à vent du Cotentin.

Témoin du patrimoine du Cotentin, le Moulin à vent de Fierville-les-Mines dévoile ses secrets à l’occasion des Journées des Moulins.

Construit en 1744, le Moulin à vent de Fierville-les-Mines est le survivant d’un temps où sur chaque colline de la Côte des Isles, tournaient les voiles de ces géants. Aujourd’hui, seule une centaine fonctionne encore en France. Témoin du passé, le Moulin à vent du Cotentin, malgré son âge avancé, n’en reste pas moins actif avec 10 à 12 tonnes de farines produites par an. Équipement communautaire depuis 2017, il appartient au patrimoine bâti que le Cotentin souhaite préserver. Chaque année, près de 10 000 visiteurs viennent observer ce géant aux ailes étranges et découvrent les secrets de la fabrication de la farine et du pain lors des ateliers organisés par les meuniers de l’agglomération. À l’occasion des Journées des Moulins les 15 et16 mai et les 26 et 27 juin, en partenariat avec le Moulin à eau de Marie Ravenel et le Moulin de Haut de Bellefontaine à Grosville, le Moulin à vent propose une série d’animations pour mettre en lumière le patrimoine meulier. Au programme visites guidées, ateliers à destination du jeune public, présence d’artistes peintres en plein air et géocaching pour partir à la découverte des trésors cachés autour des moulins. Les 26 et 27 juin, le thème de l’arbre a été particulièrement mis à l’honneur avec des expositions, des lectures, des jeux et des enquêtes photos. De quoi donner du grain à moudre à ceux qui sont en recherche d’activités.

PRATIQUE: Retrouvez le programme sur rendezvous-encotentin.fr

EXPRESSIONS METAPHORIQUES AVEC DES ARBRES DES PLANTES OU DES FLEURS

EXPRESSIONS METAPHORIQUES AVEC DES ARBRES DES PLANTES OU DES FLEURS

EXPRESSIONS METAPHORIQUES AVEC DES ARBRES DES PLANTES OU DES FLEURS

Mancha ayant participé à la journée de l’arbre à Fierville-les-Mines, nous vous proposons aujourd’hui des expressions qui font référence au monde végétal.

Faites travailler vos neurones et rendez-vous dans le prochain « Boletín informativo »

Rappel : « ser » et « estar » expriment deux aspects du verbe « être » et « tener » signifie « avoir »

  • Dormirse en los laureles (lauriers)

 

  • ?Estar fuerte (fort) como un roble (chêne)

 

  • Echar (jeter) leña (bois) al fuego

 

  • Tener madera (bois) de algo (quelque chose)

 

  • Cada (chaque) mochuelo (chouette) a su olivo

 

  • Caerse (tomber) del guindo (cerisier)

?

  • Echar margaritas a los cerdos (les porcs) ou bien

 

  • Ser la flor (fleur) de la canela

 

  • Vivir en el quinto (cinquième) pino (pin)

 

  • Ser un alcornoque (chêne liège)

 

  • Pedirle (demander) peras (poires) al olmo (orme)

 

  • Meterse en un berenjenal (champ d’aubergines)

 

  • Andarse (s’en aller) por las ramas (branches)

 

LAS SANFERMINES DE PAMPLONA

LAS SANFERMINES DE PAMPLONA

LAS SANFERMINES DE PAMPLONA

Elle se tiennent traditionnellement du 6 au 14 juillet, et sont mondialement connues, grâce notamment à Hemingway, qui les a rendues célèbres dans son roman : « Le soleil se lève aussi »

Pendant les Sanfermines, la ville passe de 200.000 habitants à 3 millions qui vivent au rythme des défilés, des processions, des concerts, des bals populaires et, bien sûr, des corridas et des fameux encierros.

Mais qui était donc ce Saint Firmin, patron de la Navarre, que l’on célèbre avec tant de faste ?

Né au IIIe siècle, fils d’un sénateur romain converti au christianisme, il aurait été baptisé par Saint Saturnin (Saint Sernin) évêque de Toulouse qui l’aurait envoyé évangéliser la Gaule. Devenu le premier évêque d’Amiens, il y mourut décapité. Ses reliques furent transportées à Pampelune en 1196. Quel rapport avec les corridas me direz-vous ? Il se trouve que la tradition populaire a fait l’amalgame entre Saint Firmin et Saint Sernin, par ailleurs patron de Pampelune, qui fut attaché à un taureau et traîné dans les rues de Toulouse jusqu’à ce que mort s’en suive. Quant à la décapitation de Saint Firmin, elle serait rappelée par le foulard rouge que tous les participants portent noué autour de leur cou.

El txupinazo :  La fête commence le 6 juillet à midi par l’explosion d’un énorme pétard lancé depuis le balcon de la mairie. Les pampelonnais nouent alors solennellement le foulard rouge autour de leur cou et se répandent dans la ville en dansant et en chantant au son des bandas. Pour garder des forces, ils n’oublieront pas de manger et boire abondamment pendant ces neuf jours et autant de nuits.

Las Vísperas : Le 6 juillet à 20h est célébrée une messe en l’honneur de St Firmin. Le lendemain à 10h, sa statue est promenée en procession à travers la ville, accompagnée des autorités, de géants, de danseurs et de musiciens. La cérémonie se répète le 14, elle est appelée la octava (la 8e)

La Diana : chaque matin à 6h45, la fanfare municipale réveille les pampelonnais, du moins ceux qui dorment, car à cette heure matinale, beaucoup de fêtards ne sont pas encore couchés.

El encierro : sans doute l’événement le plus connu. Chaque matin à 8 h, encadrés par des bœufs qui les calment, les taureaux quittent le corral où ils ont été parqués la veille, pour gagner les arènes où ils seront combattus dans l’après-midi. Après avoir demandé la bénédiction de St Firmin en priant devant l’une de ses statues, les participants courent devant les taureaux sur un parcours de 825 mètres.

3 pétards annoncent : 1- l’ouverture des portes du corral, 2- la sortie des taureaux, 3- leur arrivée aux arènes et enfin 4- leur entrée dans le toril.

Le défilé des géants : chaque matin à 10h, des statues de bois portées par des danseurs défilent et dansent au son des gaitas (cornemuses) et des txistus (flûtes à trois trous).

Les géants sont de trois sortes : les 8 rois et reines, les 5 grosses têtes (cabezudos) et les 6 kilikis au visage sinistre destinés, en principe, à faire peur aux enfants.

 

Les corridas : chaque jour à 18h30, les arènes sont combles, occupées par les aficionados et les membres des peñas (associations). L’ambiance n’a rien à voir avec celle des autres arènes. Les peñas jouent de la musique, chantent, boivent, s’arrosent de farine, de chocolat en poudre, de vin et de sangrias avec des seaux et des pulvérisateurs. Une fois la corrida terminée, les peñas se rassemblent sur la piste et sortent des arènes en musique. La fête dans les rues, les bars et les restaurants dure jusqu’au petit matin.

El estruendo (le vacarme) : le jeudi à minuit, tous ceux qui sont munis d’un tambour, d’une grosse caisse ou d’instruments à percussion défilent en ville dans un bruit assourdissant.

El pobre de mí (pauvre de moi) : C’est la chanson entonnée le 14 à minuit par les pampelonnais sur plusieurs places de la ville, une bougie à la main avant d’enlever leur foulard rouge et de se donner rendez-vous le 6 juillet de l’année suivante.

LE CINEMA ESPAGNOL DES ANNEES 1950-1960 (J.A Bardem – M. Ferreri)

LE CINEMA ESPAGNOL DES ANNEES 1950-1960 (J.A Bardem – M. Ferreri)

LE CINEMA ESPAGNOL DES ANNEES 1950-1960 (J.A Bardem – M. Ferreri)

La censure du cinéma espagnol, dont nous avons signalé les effets nocifs mais aussi les à-côtés involontairement comiques, se relâche par intermittences dans les années 50. Elle permet ainsi à des réalisateurs comme Juan Antonio Bardem, Membre du Parti Communiste et très critique à l’égard du cinéma de son pays, de produire des films politiquement et socialement engagés. Bardem tâtera de la prison et aura beaucoup de difficultés à tourner en Espagne. Il est le frère de la réalisatrice Pilar Bardem et l’oncle de l’acteur Javier Bardem.

En 1955, « Mort d’un cycliste », de Juan Antonio Bardem, tranche avec le cinéma héroïco-religieux, le cinéma folklorique ou le cinéma d’opérette. Il met en scène un couple illégitime de bourgeois, Juan et María José (Lucia Bosé ) qui renversent et tuent accidentellement un cycliste. En l’absence de témoins, ils prennent la fuite. Personne ne les soupçonne, mais Juan a des remords, il rend visite à la famille du défunt et découvre qu’elle vit dans la misère.

Bouleversé, Juan fait part à María José de sa décision de se rendre à la police, mais soucieuse de sauvegarder sa position sociale et sa réputation, María José le percute avec sa voiture et le tue sur la route où était mort précédemment le cycliste.

Alors qu’elle rentre chez elle, un cycliste l’oblige à faire un écart brusque.  La voiture bascule par-dessus un pont et elle meurt dans l’accident.

On voit bien que le réalisateur, fidèle à son engagement politique, a réussi à mettre en évidence l’existence de deux classes sociales antagonistes, mais qu’il a choisi une fin qui soit plus conforme à la morale chrétienne. La censure religieuse n’aurait pas permis que María José, adultère et criminelle, s’en tire sans subir le châtiment du Ciel. Elle a néanmoins attribué au film la note 4 qui le classait dans la catégorie « extrêmement dangereux ». La censure du régime franquiste le réservant aux plus de 16 ans.

Le festival de Cannes lui attribuera le prix international de la critique et celui de Venise fera de même l’année suivante avec « Calle Mayor »

Marco Ferreri, réalisateur italien, bien connu entre autres pour « La Grande Bouffe », commença sa carrière en Espagne dans les années 50 et collabora avec Rafael Azcona pour les scénarios. Ses films sont des exemples du genre néoréaliste.

Dans El pisito (le petit appartement) de 1959, il met l’accent sur les difficultés économiques des espagnols et la crise du logement. Après douze ans de fiançailles et faute de trouver un appartement, Petrita et Rodolfo ne sont toujours pas mariés. Petrita trouve une solution. Rodolfo épousera la veille dame chez qui elle loue une chambre et quand elle mourra, Rodolfo héritera du contrat de location.

Il leur faudra pour cela attendre quelques années de plus, car la vieille dame est encore solide.

El cochecito (la petite voiture) de 1960 raconte comment don Anselmo, jaloux de voir Lucas, son ami infirme, se déplacer dans une voiturette à moteur, décide de s’en procurer une à tout prix, dût-il pour cela vendre les bijoux de sa défunte épouse. Comme sa famille, fort logiquement, s’y oppose, il décide de l’empoisonner et s’enfuit aux commandes de la petite voiture tant désirée.

Il n’ira pas loin et sera arrêté par la Garde Civile.

La fin semblait conforme à la morale et force restait à la loi, puisque don Anselmo était arrêté. Mais la censure obligea Marco Ferreri à tourner une fin plus édulcorée et peu crédible, dans laquelle il était clair que le projet d’empoisonnement n’était pas mené à son terme et que la famille de don Anselmo était toujours vivante à la fin du film. Mieux encore, elle lui avait pardonné.

Marco Ferreri à quand-même réussi à berner la censure, car il n’a pas supprimé la brève séquence dans laquelle don Anselmo demande aux gendarmes qui le ramènent chez lui, si on lui permettra de garder sa voiturette en prison. En l’absence de crime, il n’a aucune raison d’y aller.

 

El cochecito obtint le Prix FIPRESCI au Festival de cinéma de Venise 1960

Dans ce film, le réalisateur Carlos Saura faisait une courte apparition, habillé en moine. Nous vous parlerons de lui dans une prochaine édition du Boletín Informativo.

 

EMPANADAS SANJUANINAS

EMPANADAS SANJUANINAS

EMPANADAS SANJUANINAS

(Chaussons de la Saint Jean)

Plat typique argentin mais que l’on retrouve en Espagne comme dans beaucoup d’autres pays d’Amérique Latine. Son origine viendrait des croisades pour lesquelles il était nécessaire d’avoir des aliments « transportables ». Son nom EMPANADAS vient du fait que l’on coupait un pain en deux pour le remplir de farce nourrissante avant de le refermer.

Ingredientes  para 20 empanadas:

  • 400 gr de carne picada                           viande hachée (bœuf, veau ou poulet au choix)
  • 1 cebolla                                                 oignon
  • 1 tomate                                                  tomate
  • 1 pimiento verde                                     poivron vert
  • 100 gr de aceitunas verdes                     olives vertes
  • 2 huevos cocidos                                    œufs durs
  • Una masa                                                pâte brisée ou feuilletée (2 à 3 selon taille)
  • Aceite de oliva, sal y pimienta               huile d’olive, sel et poivre

Cómo hacer unas empanadas Sanjuaninas

  1. Faire revenir l’oignon coupé en tranches fines dans l’huile d’olive puis y ajouter la viande hachée. Saler et poivre.
  2. Ajouter la tomate et le poivron (précuit ou cru) coupés en petits morceaux, les olives vertes (entières ou en morceaux) et les œufs durs coupés en petits morceaux.
  3. Bien mélanger le tout et laisser refroidir à température ambiante.
  4. Faire des cercles dans la pâte pour y poser une cuillère ou plus de farce, avant de les refermer en formant des chaussons (attention à bien les refermer !). Les poser sur une plaque recouverte de papier sulfurisé.
  5. Les enfourner dans un four préchauffé à 180 ° pour 8 à 12 minutes (ou plus si nécessaire), jusqu’à jolie dorure. (las empanadas peuvent aussi être frits, mais plus gras !)
  6. Les laisser tiédir avant de consommer saupoudrés de sucre glace (ou pas !)

 

Cette recette peut également, se faire avec du thon ou même seulement des légumes comme de l’aubergine ou des courgettes…. Selon la taille les EMPANADAS peuvent être servies à l’apéritif ou en plat ou entrée accompagnées d’une salade, chaude ou froide !