Parlez-vous nahuatl ?

Parlez-vous nahuatl ?

La langue des Aztèques, encore parlée par plusieurs millions de mexicains, a donné de nombreux mots à l’espagnol et par ricochet au français et à d’autres langues européennes. En voici quelques exemples.

 

Avocat vient de « ahuacatl » qui désigne aussi bien les fruits de l’arbre que …

les testicules.

Jugez vous-mêmes.

Tomate vient de « tomatl » et signifie grosse chose.

Chocolat vient de « « xocolatl » qui voulait dire eau amère. Cette boisson, souvent pimentée, n’était guère appréciée des européens avant que des religieuses d’Oaxaca n’aient l’idée d’y ajouter du miel ou du sucre.

On raconte que Christophe Colomb jeta par-dessus-bord les fèves de cacao que lui avaient offert les indiens, les prenant pour des crottes de chèvres.

Les Aztèques et les Mayas associaient le chocolat avec des divinités de la fertilité. Faut-il y voir un lien avec la forme des cabosses ?

La cacahuète, que l’on appelle « cacahuate » en Amérique Latine, vient de « tlacacahuatl » : cacao de terre, formé des mots : « tlalli » : terre et « cacahuatl » : cacao. Un nom imagé qui provient de sa ressemblance avec la cabosse.

La craie (tiza en espagnol) vient du nahuatl « tizatl »

« Papalote » signifiait à l’origine papillon et désigne aujourd’hui en Amérique Latine le cerf-volant.

En Espagne, le cerf-volant est toujours appelé « cometa »

Mais le mot le plus beau que le nahuatl  a légué à l’espagnol et qui n’a malheureusement pas d’équivalent en français est : « apapacho » qui dérive de « patzoa » signifiant « serrer ».

« El apapacho » est l’action de serrer quelqu’un dans ses bras avec tendresse et affection.

¿Qué pasa en el mundo hispánico?

¿Qué pasa en el mundo hispánico?

Espagne : À Madrid, dirigé par le PP, les vaccinations sont suspendues du Jeudi saint au dimanche de Pâques. Le coupable est tout trouvé : le gouvernement « socialo communiste. »

Déconfiture du parti centriste Ciudadanos. Après une catastrophe électorale en Catalogne (36 députés en 2017 contre 6 en 2021), la présidente Inés Arrimadas tente de sauver sa peau en dynamitant les alliances passées avec le PP. A Murcie, pari réussi, après dépôt d’une motion de censure, la mairie est passée aux mains des socialistes du PSOE. A Madrid, la présidente PP de la Communauté Isabel Ayuso contrattaque et annonce des élections anticipées pour le 4 mai. Elle a promis des postes importants aux membres de Ciudadanos qui se désolidariseraient de leur parti. Plusieurs ont déjà sauté le pas.

Le procès Bárcenas, concernant la corruption du PP pendant les gouvernements d’Aznar et Rajoy, continue. Les deux anciens présidents et certains de leurs ministres entendus par la Justice prétendent n’être au courant de rien.

L’ancien Ministre des Finances d’Aznar et ex président du FMI Rodrigo Rato, déjà condamné à de la prison ferme, risque une peine encore plus lourde dans une affaire de fraude fiscale de grande ampleur. On comprend qu’il ait dissimulé tout cet argent au fisc, il provenait des deniers publics.

Catalogne : Les élections régionales ont donné une majorité aux indépendantistes, mais ceux-ci sont divisés. Le parti de droite JXCat refuse d’investir Aragonés, le candidat du parti de gauche ERC, tant que celui-ci n’accepte pas la tutelle de Puigdemont, toujours réfugié en Belgique.

Amérique Latine : Le 11 avril, élections générales et présidentielles au Pérou. Plusieurs candidats de droite promettent de renvoyer chez eux manu militari les migrants vénézuéliens accusés de tous les crimes.

Le même jour, deuxième tour des présidentielles en Equateur où deux candidats restent en lice : Andrés Arauz du Centre-gauche et le conservateur Guillermo Lasso.

Chili : Le pays le plus avancé d’Amérique Latine dans la vaccination connait un rebond de l’épidémie et ferme ses frontières pour un mois. Excès de confiance après la première dose ? variant brésilien ?

Uruguay : Peu affecté jusqu’à présent, le pays passe dans le rouge. Le variant brésilien et un relâchement des comportements sont les causes probables de cette envolée de l’épidémie.

Argentine : L’épidémie amplifie les effets de la dépression économique. L’inflation augmente (+40% par an), le cours du peso s’effondre (-30%), le PIB a baissé de 10% et la moitié de la population est passée sous le seuil de pauvreté.

Honduras : En plus d’être le pays où la criminalité est une des plus élevées d’Amérique, le Honduras est soupçonné d’être un narco état. Le frère du président vient d’être condamné à la prison à vie aux Etats Unis pour trafic de drogue. Il aurait organisé le transport de 185 tonnes (seulement) de cocaïne.

¿Qué pasa en el mundo hispánico?

La semana Santa

La Semana Santa

Elle commence le dimanche des Rameaux par le défilé de « La borriquita » qui rappelle l’entrée de Jésus à Jérusalem et s’achève le dimanche de Pâques avec la procession du Christ ressuscité. Elle est marquée par les processions diurnes et nocturnes organisées par les « cofradías » ou « hermandades ». Des confréries qui révèrent un personnage particulier lié à la Passion du Christ. Elles sont les héritières des confréries du Moyen Age qui rendaient un culte à un saint patron. Chaque confrérie se regroupe autour d’un « paso » (sorte de char fleuri sur lequel des statues de plâtre ou de bois représentent des épisodes de la Passion du Christ). Ils défilent dans les rues des villes, portés par les “costaleros”, de solides gaillards et depuis quelques années de non moins solides gaillardes qui se relaient,, et ce n’est pas un luxe, car certains pasos peuvent peser plusieurs centaines de kilos.

Elle commence le dimanche des Rameaux par le défilé de « La borriquita » qui rappelle l’entrée de Jésus à Jérusalem et s’achève le dimanche de Pâques avec la procession du Christ ressuscité. Elle est marquée par les processions diurnes et nocturnes organisées par les « cofradías » ou « hermandades ». Des confréries qui révèrent un personnage particulier lié à la Passion du Christ. Elles sont les héritières des confréries du Moyen Age qui rendaient un culte à un saint patron.

Ces pasos se suivent dans l’ordre des événements qu’ils commémorent : La Cène, le Jardin des Oliviers, la Flagellation, la Couronne d’épines, la Sainte Véronique, la Crucifixion, la Vierge des Douleurs …

Avec chaque « paso » défilent les « nazarenos », des pénitents portant une tunique blanche, noire, rouge ou violette et un « capirote », coiffure conique. Certaines confréries en comptent plus d’un millier. Ces « nazarenos », dont certains marchent pieds nus ou portent un cilice, sont les successeurs modernes des flagellants du Moyen Age qui s’autoflagellaient ou qui exposaient leur dos dévêtu aux coups de fouet d’un autre flagellant Sous la IIe République, qui avait fait adopter une constitution laïque, certains « pasos » avaient été détruits, mais le franquisme avait remis les processions à l’honneur. Après la Transition, l’intérêt pour ce genre de cérémonies avait nettement baissé, car trop marqué par la période précédente, mais l’aspect festif a relancé la chose et l’emporte souvent sur le côté religieux. Pour se donner du courage, les « costaleros » font circuler des boissons autres que l’eau minérale et l’on peut parfois discerner, au milieu des odeurs d’encens, des exhalaisons de plantes exotiques.

 

PORTRAIT

PORTRAIT

 

 Carlos Saura, peintre de la bourgeoisie franquiste décadente

 Frère du célèbre peintre Antonio Saura, Carlos Saura est, au même titre que Luis Buñuel ou Juan Antonio Bardem, l’un des cinéastes espagnols les plus reconnus au niveau international et une référence incontournable du cinéma d’auteur. La ressortie en salles le 18 février 2015 de Peppermint frappé, qui en 1967 dépeignait les frustrations d’une bourgeoisie aliénée par le franquisme, est l’occasion de revenir sur sa prolifique carrière.

Né en 1932, Carlos Saura est issu d’une famille bourgeoise libérale. Il débute ses études dans l’ingénierie, mais sa passion pour la photographie est plus forte et c’est en 1952 qu’il intègre l’Instituto de Investigaciones y Estudios Cinematográficos de Madrid. Il y étudie la mise en scène, collabore avec ses amis Eduardo Ducay et Leopold Pomes à la réalisation de court-métrages et suit en parallèle des cours à l’Ecole de journalisme. Politiquement engagé à gauche, ses choix d’études illustrent son intérêt pour les problématiques sociales.

C’est en visionnant les films de Luis Buñuel que Carlos Saura décide de devenir réalisateur. Diplômé en 1957, il devient enseignant en cinématographie, une carrière qu’il devra arrêter en 1963 sous la pression du gouvernement franquiste. Ses films mettent en scène les Espagnols en marge de la société (Los Golfos) et dénoncent la frustration de la bourgeoisie espagnole due à l’idéologie conservatrice et nationale-catholique du régime (La Chasse et Anna et les loups). Ses positions envers le régime passent par des métaphores et des paraboles, notamment du couple et de la famille, des sujets qui lui sont proches. Leader espagnol des cinéastes de sa génération grâce à La Chasse, présenté au festival de Berlin en 1965 et pour lequel il obtint l’Ours d’Argent de la mise en scène, il acquiert une réputation internationale. Malgré cette reconnaissance, la censure reste présente et certains films, comme La cousine Angélique, provoquent de violentes réactions du public espagnol.

Après la mort de Franco, le réalisateur s’axe vers un genre plus léger, qualifié par lui-même de « tragicomédie », comme dans Maman a 100 ans. En 1981 il renoue avec le film-enquête avec Vivre vite, un film dans lequel Carlos Saura pose un regard sceptique sur la société de l’après-franquisme. La même année, il accepte de travailler sur le projet d’un film musical, Noces de sang, avec le chorégraphe de flamenco Antonio Gades, qui sera une vraie réussite artistique et populaire comme le sera Carmen deux ans plus tard.

Avec ses films sur la danse, Carlos Saura s’éloigne des problématiques politiques pour mettre sa caméra au service du spectacle vivant et rendre visible le mécanisme de création. En 2010 sort son film Flamenco flamenco, où Saura s’amuse à mélanger plusieurs arts : danse, peinture, musique et cinéma. En 2013, il tourne un film sur Picasso lors de la création de Guernica, 33 días, avec Antonio Banderas.

Actualités

Actualités

Exhibition on screen : Frida Kahlo, 20 Octobre 2020

Les productions Seventh Art proposent un documentaire de Ali Ray autour de l’artiste et femme mexicaine Frida Kahlo. Ses peintures sont internationalement connues, reconnues, étudiées et exposées. La biographie de la femme est elle aussi diffusée, admirée et très peu controversée. Ce documentaire propose un contenu de qualité et une forme accessible qui seront certainement appréciés par un large public.

Les participants fournissent des données biographiques, racontent l’origine de certains tableaux, lisent aussi les œuvres de la grande Frida. Il y a Hayden Herrerá (biographe et historienne de l’Art), Adriana Zavala, Gannit Ankori (professeurs de l’Histoire de l’Art), la directrice du musée de Frida Kahlo, Hilda Trujillo, la directrice des collections au Dolores Olmedo Museum, Josefina García Hernández. Et quelle émouvante surprise de retrouver les traits de Frida Kahlo en la personne de sa petite-nièce, la photographe Cristina Kahlo Alcalá.

Du côté des hommes, trois voix commentent également les données et éclairent aussi la lecture de l’artiste : Carlos Phillips Olmedo (directeur du Dolores Olmedo Museum), le Docteur Carlos Segoviano (curateur du Musée d’Art Moderne de la ville de Mexico) et le petit-fils du muraliste Diego Rivera, Pedro Diego Alvarado, artiste également.

Un documentaire à la voix féminine majoritaire. Un ensemble de voix qui n’assombrit pas la biographie centrale, bien au contraire. Aucun artiste de renommée internationale n’est intégré, hormis son alter ego masculin, auteur des ex-voto qu’il peint et vend : Alfredo Vilchis Roque. Tous rappellent les étapes qui décrivent au mieux la Frida et révèlent même quelques singularités qui la rapprochent encore plus de l’art populaire et des siens, de la mexicanité.

Des peintures aux images d’archives

Le documentaire fonde sa structure sur des documents iconographiques incrustés en plein écran et mis en léger mouvement. La volonté de montrer est claire. Des œuvres clefs sont analysées et d’autres beaucoup moins connues, décryptées. Des photographies variées sont injectées comme pour mieux éclairer le corpus pictural choisi. Des dessins prémices des peintures finales sont diffusés, tout comme des pages de son journal intime. Les mouvements picturaux, le parcours politique et amoureux de l’artiste, l’évolution de sa santé et de son affectivité sont tout autant enrichis par des extraits de sa correspondance avec le Docteur Leo Eloesser, Ella et Bertram Wolfe, Carlos Chávez, Lucienne Bloch et Nickolas Muray, son ami photographe à qui nous devons des clichés en couleur de la grande Frida.

Un rythme de croisière

Les outils cinématographiques sont classiques mais un effort a été réalisé par l’ajout d’une musique originale et quelques plans qui scrutent les recoins des murs qui ont vu l’artiste vivre, la Casa Azul, et deux musées qui abritent principalement ses œuvres sans aller pour autant vers une formule personnalisée du documentaire. Une volonté d’accrocher le spectateur par une mise en scène d’une Frida fictive parsème le film. Quelques épisodes autobiographiques sont narrés par une voix féminine inconnue. Des cartons faisant office de chapitrage sont utilisés pour annoncer la description de certains tableaux. Ce mouvement permet de réaliser un film dynamique qui explore à la manière d’un parcours d’exposition, la vie et l’art de Frida Kahlo.

Le documentaire de Frida Kahlo est un classique du genre. On retrouve avant tout le plaisir d’en apprendre un peu plus sur l’artiste, sur sa collection personnelle d'”ex-voto”, sur ses inspirations et sur ses correspondances. Un documentaire qui balaie l’ensemble de son sujet. On aurait apprécié un dispositif différent, comme elle, peut-être au plus près du réalisme magique de sa peinture ou « de son courage de peindre sans peur, sans censure ». Mais là encore, en repensant aux plans des végétaux insérés subtilement -cactus, plantes grasses, fleurs, pistils rappelant bien évidemment les motifs récurrents des peintures de Frida–, on se dit que finalement, on l’a eu notre moment magique avec l’image puissante que porte en elle la Kahlo !

 

Regards sur le cinéma Espagnol

Regards sur le cinéma Espagnol

Films

La llorona
 Un film de Jayro Bustamante
Avec María Mercedes Coroy, Sabrina de La Hoz, Julio Diaz, Juan Pablo Olyslager, Margarita Kénefic
Thriller | Guatemala, France | 2019 | 1h 37min
Prix du Public Biarritz 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Llorrona : seuls les coupables l’entendent pleurer. Selon la légende, la Llorona est une pleureuse, un fantôme qui cherche ses enfants. Aujourd’hui, elle pleure ceux qui sont morts durant le génocide des indiens mayas. Le général, responsable du massacre mais acquitté, est hanté par une Llorona. Serait-ce Alma, la nouvelle domestique ? Est-elle venue punir celui que la justice n’a pas condamné ?